Dynamite Deka | Saturn

Cela fait maintenant quelques mois que j’ai publié sur Satakore.com et que j’ai repris sur Jeudepixel plus récemment, ce test d’un titre faisant partie des plus marquants de la Saturn : Dynamite Deka, plus connu dans nos contrées sous le nom de Die Hard Arcade. J’avais envie de l’améliorer un peu et surtout de le partager avec vous cette semaine car en plus de proposer une adaptation d’un film que j’adore, il reflète pour moi parfaitement l’esprit « Arcade » de la Saturn. A l’origine de ce projet, on retrouve des développeurs dont la renommée n’est plus à faire puisqu’il s’agit d’AM1 (versions arcade d’Altered Beast, Alien Storm, Golden Axe, etc.) mais également du monde de Sega Technical Institute, qui s’était occupé de titres comme Kid Chameleon ou encore l’excellent Comix Zone sur Megadrive. Il s’agit d’ailleurs du dernier titre sorti par STI avant que celui-ci ne voit ses effectifs s’éparpiller entre les différentes branches de Sega, notamment vers la Sonic Team. Sorti sur le système propre à la Saturn en arcade, soit le ST-V, les différences entre les 2 versions sont vraiment infimes bien que les graphismes soient légèrement plus fins sur le support arcade.

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Revenons à notre mythe Die Hard Arcade, qui s’avère être une adaptation plus ou moins grossière de Piège de Cristal, blockbuster assez musclé de John Mac Tiernan mettant en scène, dès 1988, Bruce Willis. Scénaristiquement parlant, l’objet de notre mission est de sauver Missie Harrington, la fille du président de la Nakatomi Corporation, détenue tout en haut d’un building par une bande de terroristes (un classique pour les Die Hard !). Dans le jeu vidéo, le personnage central se nomme Bruno Delinger et chose amusante, il n’y a que la couverture de Dynamite Deka, la version japonaise, qui présente le faciès de l’acteur américain ; dans les versions US et Européennes nous avons le droit aux éléments permettant de faire le rapprochement avec Mac Lane (débardeur blanc, gros muscles, armes, immeubles…) mais pas le véritable visage de celui-ci. Question de droits sans doute.

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Comme pour son inspirateur issu du septième art, nous sommes en présence d’un titre où l’action prime sur tout. Dynamite Deka ne fait pas dans la dentelle et bien entendu ce n’était pas le but. Ce beat’em’all en 3D vous laisse incarner le sosie de Bruce Willis – accompagné d’une femme flic pour le mode 2 joueurs – au cours d’une aventure somme toute relativement courte, arcade oblige, mais à la replay value fort intéressante. Parlons-en de cette  » rejouabilité « . Terminer le jeu en 1 crédit donnera déjà pas mal de fil à retordre, et en mode 2 joueurs il y a toujours moyen de se faire plaisir pendant une bonne heure (en ayant activé ou non les  » dommages amis « ). Comme tout bon beat’em’all qui se respecte, vous aurez droit à un  » bestiaire  » assez diversifié entre les punks, les gangsters, les faux flics, les gros sacs, les robots tueurs, les « senseï ès karaté », les faux pompiers, bref il y a de la diversité dans l’air. Qui dit beat’em’all dit également armes à foison tout au long de l’épopée : barres de fer, pistolets, mitrailleuses, briquets et aérosols, bazookas, horloges, chaises… bref, de nombreux éléments peuvent être utilisés et qui ont chacun une durée de vie assez courte surtout si l’on se fait toucher par les ennemis.

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Ce que je trouve très charmant dans ce titre c’est que contrairement aux brawlers traditionnels, au lieu d’enchaîner les ennemis les uns à la suite des autres, dès que l’on a vidé une pièce et que l’on avance dans l’immeuble, on se retrouve soit devant une cut-scene, soit devant un « Quick Time Event » fort bien pensé. Même si depuis, de nombreux développeurs ont abusé de ce concept, à l’époque de sa sortie (1997 sur Saturn et 1996 en Arcade) c’était quand même assez peu courant et plutôt bienvenu pour souffler un peu entre deux phases d’action intense même si la plupart du temps cette action était surtout source de stress. En effet, si on loupait le QTE, cela impliquait de devoir éliminer les ennemis un à un et donc le risque de perdre des précieux points de vie était présent. Pour reprendre ce que je disais un peu plus haut, il est vrai que Die Hard Arcade n’est pas du tout avare en action. Près de quinze ans après sa sortie, je me prends encore très facilement au jeu. J’avoue que c’est sûrement dû à l’histoire qui me relie à ce titre mais je trouve qu’il a ce côté  » Arcade Sega  » indémodable et inoubliable, que l’on peut retrouver sur After Burner Climax ou Sega All Star Racing de nos jours sur consoles.

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Alors oui je vous l’accorde, le jeu a un peu mal vieilli. Normal, la 3D prend un gros coup de vieux surtout après tant d’années. Les graphismes parlent d’eux même, mais bien qu’ils soient très pixellisés, il paraît que ça plaît encore à beaucoup d’anciens comme moi (et pour ma part j’en redemande). Techniquement parlant, Sega avait frappé très fort dans les domaines de l’animation et de la jouabilité. En effet, l’animation ne souffre à aucun moment de ralentissement (n’oublions pas que nous sommes sur une console 32 bits souvent critiquée – à tort ! – pour la faiblesse de ses jeux 3D !), les mouvements des personnages sont très fluides et lisibles comme lorsque notre personnage met un coup de pied dans les bijoux de famille de l’adversaire. La maniabilité est elle aussi un exemple pour tout développeur. Bien sûr, avec le meilleur pad existant dans le monde des jeux vidéo, nous arrivons à faire sortir les coups que l’on désire à notre héros, pas d’approximation de ce côté-là avec 3 boutons (un pour le coup de poing, un pour le pied et un autre pour sauter) au service d’un gameplay épuré. Résultat : Sega fait de son beat’em’all un titre rapide à appréhender et qui fut d’ailleurs plutôt bien accueilli par le public.

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Aujourd’hui encore, même si les graphismes proviennent d’un siècle qui n’est plus le nôtre, Dynamite Deka reste l’un des pionniers en matière de beat 3D et surtout l’un des plus agréables à jouer. Il fut accrédité d’une suite sur la 128 bits de Sega, tout aussi bon mais avec la saveur en moins de l’adaptation grossière d’un blockbuster du cinéma américain. Il est sûr que ce titre ne nous rajeunit pas, les années ont certes passé, mais le plaisir est toujours aussi intact qu’au premier jour où j’ai posé mes mains sur la manette Saturn et ça n’a franchement pas de prix. Oui, Sega c’est bel et bien plus fort que toi ! Et en petit bonus, car sur ce genre de jeux les images parlent peu d’elles mêmes, voici deux vidéos de gameplay enregistrées par mon ami Madroms de Satakore :

Plus d’informations sur Dynamite Deka : http://www.satakore.com/sega-saturn-game,,GS-9122,,Dynamite-Deka-JPN.html

2 comments

  1. Je trouve que les graphismes vieillissent plutôt bien pour ma part, en comparaison d’autres titres en 3D de l’époque ; du moins sur ST-V (pas retouché à la version Saturn depuis au moins 10 ans, depuis que je l’ai en arcade quoi). On est loin de la bouillie de pixels, c’est vraiment lisible et le titre présente un cachet pas dégueulasse dans l’ensemble.

    Concernant le « gameplay épuré », en dépit des 3 boutons, on parvient souvent à faire des prises trop cool, sans savoir comment on a fait ! Faudrait vraiment que je choppe le Guide Book un jour !

    Deux petits points omis dans ton test :
    – un point fort je trouve, c’est l’état des sapes qui évolue au fil des niveaux, pour finir en lambeaux à la fin du jeu, comme dans le film 🙂
    – dans la version Saturn, la présence du classique arcade « Deep Scan » de SEGA, qui permet de booster le nombre de crédits dans le jeu !

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