Tembo the Badass Elephant | Critique

Lorsque la menace Phantom envahit ce pays si paisible en forme de cacahuète, qui est – ce qu’on appelle ? Alerté par le colonel, cet ancien guerrier doit sortir de sa retraite. Peinture de guerre et bandana rouge sur le crâne, il part au front. Vous aurez tout de suite compris de qui le personnage Tembo l’éléphant badass s’inspire !

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Développé par Game Freak pour Sega, cette société est principalement connue pour avoir programmé ces 15 dernières années tous les jeux Pokémon pour les consoles portables de Nintendo et on notera pour les Segafans que Game Freak est à l’origine entres autres de Pulseman, un jeu de plateformes sorti sur Megadrive en 1994. Le studio revient donc avec un nouveau jeu de ce genre qui puise ses idées de gameplay dans plusieurs autres plateformers pour un cocktail final qui sent bon les années 90. Un mélange habile de level design et de gameplay oldschool détaillé ci-après, ainsi qu’un univers aux couleurs chatoyantes avec un héro tout aussi attachant qu’est Tembo.

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Un bref didacticiel détaillera la palette de coups disponible à l’aide 3 boutons seulement pour écraser, rebondir et rouler sur l’armée de Phantom, simple et efficace. Tembo utilisera aussi sa trompe comme une lance à incendie pour éteindre des feux mais aussi neutraliser un bref instant certains de ses rivaux avant de les piétiner, pratique. La combinaison du pouvoir de l’eau plus le bouton de charge créera un bouclier d’eau devant lui pour charger tout ce qui brûle sans faire de détail.

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« Good job soldier ! » on passe vite à l’action dans un monde divisé en 3 zones de 5 niveaux chacun (bien sûr il y a le final ensuite). Anéantir l’assaillant et libérer les otages est votre mission! Notre premier réflexe une fois parachuté dans les lignes adverses: vouloir rester le doigt appuyé sur la charge pour accélérer et faire voler les ennemis ainsi que le décor en éclats, dans la joie et l’allégraisse ! Seulement les ptits gars de Game Freak n’ont pas vraiment voulu que le jeu soit un bête runner tout le long de son déroulement, on fonce tout droit et c’est la victoire ! Non. Enfoncer en permanence le bouton de charge en pensant qu’on sera invincible nous enverra plus probablement remplir le cimetière des éléphants que vers le succès car on aura vite fait ne plus pouvoir se défaire des tirs, des missiles et des lance flammes qui viendront percer notre cuir.

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En effet, le rythme et la construction des niveaux alterne entre des phases de course où les combos, la destruction massive des ennemis et des décors seront de mise et des phases de tableau dans lesquelles il faudra observer attentivement les patterns des adversaires alentours et avancer de manière plus méthodique de plateforme en plateforme. D’ailleurs, le jeu peut se montrer plutôt difficile: les ennemis agressifs, les trous, les cranes enflammés sont les ingrédients de votre défaite, de plus la hitbox imposante de Tembo ne peut encaisser que peu de coups. On comprendra vite que farmer les niveaux faciles ou le didacticiel à la recherche des 300 cacahuètes qui vous rendent une vie sera obligatoire car sans un minimum d’attention vous les perdrez par poignées.

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Les développeurs ont aussi voulu bloquer l’accès de la fin de chaque monde par un cadenas, qu’on ouvrira qu’en ayant effectué un nombre minimum requis d’ennemis tués sur les précédents niveaux. Manière d’empêcher de vouloir finir le jeu en ligne droite et ce serait bien dommage car explorer les niveaux à la recherche des sbires de Phantom est plutôt agréable, il y a pas mal de secrets et d’otages cachés à retrouver. D’ailleurs, ce stratagème fait tout bonnement penser à la recherche des Lums et Electoons qui débloquent des niveaux dans les jeux Rayman.

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Techniquement, Tembo The Badass Elephant est joli, coloré avec de beaux décors et fluide à quelques chutes de framerate près sur la version Steam que je jouais. Mais ça n’entâche en rien le plaisir de ce jeu bien rythmé dont les commandes répondent parfaitement. Si je ne devais lui reprocher qu’une chose ce serait peut-être sa rejouabilité. L’objectif principal mis en évidence pendant le jeu est de libérer 10 civils par niveau et de faire son quota d’ennemis tués. A vous de jouer et rejouer pour le terminer 100% ; ce ne sera pas insurmontable. Cependant il existe un score total qu’on ne découvre qu’en fin de niveau à l’écran de victoire, ainsi que notre temps réalisé sur la performance. Mais c’est justement ce total qui est pris en compte dans les scores en ligne! Une équation un peu obscure de nos objectifs principaux, temps passé, combos… Bref ce n’est pas très clair et on se demande pourquoi il n’y a ni chrono ni ce score d’intégré en direct dans le jeu. On aurait bien eu envie de se la jouer façon speedrun et faire des combos avec ce système de scoring à l’aveugle n’est pas judicieux.

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Je dirai que le jeu trouve sa source dans Donkey Kong, Sonic et Rayman. Les clins d’œil à ces hits sont bien visibles dans le design ou certaines phases de jeu. On pourrait aussi citer l’excellent Splosion Man, tant les courses sur des tapis roulant poursuivi par un mur électrique m’y ont fait penser. Mais je vous laisse le plaisir de les relever par vous-même.

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Certes, Tembo The Badass Elephant n’invente rien pour le coup mais c’est un bon concentré de challenge qui fait appel à nos vieux réflexes de gamer perdus dans les années 16-32bits. Dans l’ensemble, c’est une réussite et on en aura pour environ 6 heures de badasseries, un peu plus pour aller au 100%.  Toutes ces cacahuètes m’ont donné l’envie de remettre des glaçons dans mon apéritif !

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