Powa Up ! Altered Beast

Première expérience de la Megadrive.
C’est même ma première expérience avec une console tout court. Jusque là mon expérience se bornait (attention jeu de mots en approche) aux bornes d’arcades que j’avais à peine effleurées et aux jeux sur la « formidable machine » qu’était l’Amstrad CPC 464 à cassettes ! Autant dire que cette Megadrive je l’ai accueillie comme le messie, un messie avec 16bits !
C’est à Noël 1991, (vous voyez, comme le messie je vous dis), que la Bête est apparue sous mon sapin, avec son Altered Beast en bundle. Rien ne serait plus pareil.

AmstradCPC464

Avec mon père on branche la console sur le tuner TV de l’Amstrad CPC qui constitue la première télé à moi de toute ma vie et… Il y a pas d’image ! Mais le son fonctionne par contre. On appuie sur un peu tous les boutons et le jeu se lance à l’aveugle jusqu’à la mort inévitable juste au moment où on a monté le volume pour être sûrs. Du coup notre centurion revenu d’entre les morts hurle de douleur en y retournant (entre les morts voyons). Et là je me suis dit : « La vache ! Quelle baffe ! Rien que le son ! Je vais peut-être plus trop jouer au CPC moi. »

Il faut dire que moi, j’avais demandé la Master System II, j’ai appris par la suite que ça serait la Megadrive qui arriverait en traîneau, on m’avait d’ailleurs offert Sonic sur MD avant même que j’aie la console, de quoi me mettre la puce à l’oreille non ? Pourquoi la Master System II ? Et bien c’est une autre histoire, mais je voulais à tout prix pouvoir jouer au jeu Moonwalker que j’avais découvert en arcade et qui m’avait vraiment scotché ! Je savais qu’il existait sur MSII, quand à la MD… je ne la connaissais que de nom. Il faut dire qu’à l’époque on n’était pas autant informés, surtout à mon âge et dans une petite ville. J’ai fini par comprendre que la Megadrive c’était quand même mieux, et que, comble de joie, Moonwalker existait dessus (pourtant dans une version complètement différente de l’arcade mais là n’est pas le sujet, j’y reviendrai peut-être) !

L’arrivée de la console était donc un événement pour moi, mais aussi pour la famille, accueillir un tel objet de technologie à une époque où même un album en « disque compact » était encore prestigieux, ce n’était pas rien. C’était l’arcade à la maison !
C’était le futur !
C’était le Blast Processing !

Play it loud !

Après échange moniteur/tv (mes parents regardent encore la télé dessus parfois je crois) on a enfin droit à l’image ! Cool !
Incroyable même. La page d’introduction claque, le titre apparaît en caractère japonais écarlates sur fond de fresque antique, la musique annonce la couleur. Il suffit de laisser défiler la démo pour être scotché par l’apparition de la gigantesque prunelle des yeux des deux héros (enfin du héros et de son frère jumeau nommé Color Swap), pour quelqu’un qui n’avait jamais rien vu, je vous jure que ça avait quelque chose de pétrifiant, oui, au moins.

Ecran titre
Pour vous dire à quel point on prenait les choses au sérieux, on avait scrupuleusement lu la notice d’un bout à l’autre, avec les manips, le bestiaire, l’histoire… Juste pour être sûrs de ne pas faire exploser la machine en appuyant au mauvais endroit.

Alors il y avait cette histoire de centurion romain qui est rappelé d’entre les morts par Zeus (bon on ne va pas demander aux Japonais des 80s d’être des stars en mythologie européenne, car je crois que personne n’aurait pu vous dire en France ce qu’était un Tanuki par exemple), pour sauver sa fille Athéna (là ok) des griffes du Seigneur des Enfer, le célèbre Neff (!?). Pour cela, notre héros est investi du « pouvoir du Mutant », comme le stipule la version française de la notice, croyons la sur parole donc.

Comment cela se présente-t-il ?

Le héros avance de profil, dit des trucs qu’on comprend pas quand il choppe des boules bleues après avoir tué un cochon à deux têtes (ah merde c’est un loup) et devient de plus en plus body-buildé (et de plus en plus en slip) avant de « WOAH ! » se changer en « PUTAIN DE LOUP GAROU MAIS T’AS VU UN PEU UN LOUP GAROU QUI TIRE DES BOULES DE FEU ! » . J’arrive au boss, il prend presque toute la hauteur de l’écran et, chose incroyable, je gagne ! Un niveau 2 sur CPC c’est un peu de la science-fiction pourtant là sur Megadrive j’y arrive ! Bon, je me fais bouffer la tête dans la foulée, mais une fois changé en « PUTAIN DE DRAGON QUI VOLE EN PLUS ! » fini de rigoler bande de monstres ! Il faudra plusieurs essais, plusieurs déculottées contre des boss aussi improbables les uns que les autres, et un peu de cheat-code (mais il est indiqué par la notice du jeu alors je ne sais pas si on peut encore appler ça un cheat-code) pour arriver à la fin après une victoire contre ce Rataxès sous stéroïdes qui fait office de boss final, mais le coeur y est. Les transformations sont cool, je deviens Tony le Tigre (qui tire des projectiles ressemblant à des Miel Pops par contre, c’est à n’y rien comprendre) ou Nounours, bien, bien, bien.

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Il faut reconnaître que l’aspect spectaculaire du jeu a rapidement fondu en comparaison avec ce qui est sorti dans la foulée sur la console. Il en reste des éléments iconiques, comme les glorieux combats contre des hordes de zombies avançant en rang d’oignons sur fond de cimetière, ces marécages glauques, ces cavernes et ce dernier niveau avec des charniers au premier plan où des licornes violettes bondissaient un peu partout avant de coller de vicieux coups de sabots, tout ça m’a marqué au fer rouge. On pouvait également, conversion arcade oblige, jouer à deux pour de franches rigolades ! (« Ha ha ha t’as sauté direct dans le trou ! ») Sachez également que j’entendrai toujours avec tendresse cette incantation « Waise fwom youl glaive ! » qui marquait le début de chaque partie.

Et puis comme j’avais eu d’autres jeux à Noël, ben après j’ai joué à Sonic.

5 comments

  1. Même si j’eu un VG5000 auparavant, la Mega Drive fut mon premier vrai système à la maison. Achetée à l’Ultima du boulevard Voltaire en novembre 1989, un système japonais donc. La télé familiale de l’époque ne gérait pas le 60 Hz, et l’on dut acheter quelques jours plus tard, qui me semblèrent une éternité, un moniteur Philips CM 8832 (qui fit une grosse dizaine d’années, THT hors-service) afin de pouvoir y jouer. Ce moniteur évita d’ailleurs de nombreux drame familiale le soir venu. ^^
    Avec la console j’avais pris Alex Kidd in Enchanted Castle et devinez quoi : Altered Beast !
    Et durant ces longs jours, je branchais parfois la sortie casque pour profiter en stéréo de la démo et quelle claque c’était : Mega son !
    Je rappelle la fois où elle fut branchée la première fois, sur la table du salon, émerveillé de voir toutes ces couleurs, ses graphismes si fins.
    Quelques années après je le l’ai échangé pour un autre jeu mais l’empreinte était si forte qu’aux début des années 2000, avant que les prix ne deviennent fous, je me le repris, en japonais bien évidemment. J’adore les art work même s’ils sont kitchissimes trouveront certains. =)

    1. Comme quoi, ce jeu a eu un impact dans notre jeunesse lointaine, il faut dire qu’il tournait souvent en « tête de gondole » dans les magasins d’electroménager et même en supermarché. On finit par se rendre compte que ceux qui y ont touché à sa sortie l’ont gardé dans leur coeur (malgré tous ses défauts) Merci d’apporter ton témoignage, on se sent moins seuls finalement, n’est-ce pas ?

      1. Absolument ! C’est comme une thérapie de groupe. xD
        Blague à part, vrai qu’il a marqué son monde. Il n’y a qu’à voir le nombre d’adaptations sur consoles et micros de l’époque. Et puis tous les pays qui ont vu diffuser Manimal, ça ne pouvait les laisser indifférents. =)

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