Landstalker | Summertime

Fêter son anniversaire en juin ça a du bon ! Par exemple vous pouvez profiter des grandes vacances pour jouer sans cesse à Landstalker en short (en réalité un jean découpé) et éviter à tout prix les mordants rayons du soleil, planqué dans ma chambre dont je ne sortais que pour manger, me ravitailler en Coca, Tang, Mr Freeze, ou évacuer ces derniers. Parfois mon jeune frère me soutenait dans ma quête dont il suivait également les rebondissement, parfois il était trop tard car je jouais même APRES minuit !

Donc oui, vous l’aurez compris, ce jeu m’est tombé dessus à mon anniversaire, je ne me souviens pas si c’était l’année de sortie du jeu ou l’année suivante, ça n’a pas trop d’importance.

Ce qui en a c’est que c’est toujours le jeu auquel je pense quand on me demande quel est mon jeu préféré de cette période, ou de la Mega Drive et il garde une place très élevée même quand il s’agit d’un global top jeux video.

Landstalker ça a dû être la première fois que j’étais à fond dans un jeu. C’était comme participer à un long voyage sur l’Île de Mercator porté par une musique d’exploration qui me donnait le sentiment de faire quelque chose de grand. Rien que ça. L’immersion était totale (même avec une vf bizaroïde « Oh mais c’étrait vide ! » « Petet Pois » ou Zak le « droguiste » qui est en fait un chasseur de primes) et je me souviens m’être senti vraiment impliqué dans les différentes histoires que vivait le héros et j’avais vraiment envie de résoudre les problèmes des différents habitants de ce monde. J’allais prendre régulièrement de leurs nouvelles, histoire de savoir si le banquet organisé pour la princesse allait être prêt à temps, si le nouveau commerce sur les docks fonctionnait bien, si la vieille du coin avait encore besoin de quelqu’un pour l’aider à ranger ces maudits vases… Il y avait toujours quelque chose à faire.

La quête principale était motivante mais j’avais vraiment pris plaisir à tout explorer, à terminer les quelques petites quêtes annexes (l’arbre malade, la sorcière et les petits chiens, les jeux…) et je ne pense pas qu’il soit resté un seul coffre fermé sur cette île après mon passage.

Bon, il y a des moments de crise, je ne peux pas le nier. Que ce soit des sauts trop difficiles à cause de la fausse 3D, cet enfer qu’était le Labyrinthe Vert (majuscules de la rage) ou même le tout dernier dédale, où je suis resté coincé des années il faut dire, avant de m’y remettre sérieusement pour découvrir avec stupeur qu’il n’y avait pas de fin à la hauteur de mes attentes !

Mais ce n’est pas grand chose face au plaisir que j’ai eu à vivre (car oui, je les vivais) ces aventures tout à la fois drôles, épiques, enfantines ou corsées. Les personnages secondaires et même encore moins importants semblaient avoir chacun une personalité. Que ce soit le chevalier Arthur et sa fréquentation assidue de la Maison de Madame Yard, Pockets le voleur moustachu, les pilleurs de trésors concurrents que sont Kayla, Wally et Ink qui faisaient toujours des entrées (et des sorties) amusantes ou ce Duc dont la défaite (oui c’est un spoiler avec 21 ans de retard) devenait une affaire personnelle !

Pour moi l’expérience de ce jeu est à l’image de la fin originale que je n’ai connue que tardivement. Pour la version européenne non seulement certains détails jugés trop érotiques ont été modifiés (oh Seigneur, une tenue bunny sexy ! Changeons la en gâteau à la fraise, les enfants pourraient être choqués et faites de cette succube de Friday une fée ça vaudra mieux !) mais, surtout, la fin a subi une révision voulue plus optimiste. Alors que le texte de notre version laisse entendre que le trésor a bien été gagné, au Japon, il disparaissait pour toujours dans les tréfonds de la montagne, le héros ayant fait tout ça à première vue pour rien.

Et c’est un peu triste que ça ait été changé. Car ce qui donne ce sentiment de fin bâclée en Europe était en fait une jolie morale au Japon. C’est cliché, mais on se rendait mieux compte que peu importe la fin, le véritable trésor était ailleurs : ce fantastique voyage et ces multiples rencontres, dont celle avec Friday la fée qui vous accompagne tout le long, c’était là toute la richesse qu’on pouvait gagner à parcourir ce vaste monde. Pour le joueur, le jeu était donc une récompense nettement plus généreuse qu’un écran de fin et quelques animations en guise de cinématique.

Enfin tout ça pour vous dire que cette année là encore je n’avais pas bronzé beaucoup !

Bonus, une scène coupée à l’érotisme torride :

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