Moonwalker | I know your game !

Pour ce jeu, c’est deux deux critiques pour le prix d’une, puisque Sega s’était fendu de deux versions (trois même avec la version Master System) très différentes, l’une sur borne d’arcade, l’autre sur Megadrive.

En même temps que le mythologique Altered Beast, le Père Noël avait eu la bonne idée de m’offrir Moonwalker avec la Megadrive (et Sonic) ! Il faut dire que je la lui avait réclamé avec force insistance. Il faut savoir que Moonwalker a existé sur de nombreux systèmes dans des formats différents. Par exemple, la version US Gold sur CPC le jeu est découpé en trois parties, recherche/course/action. Mais c’est la version arcade qui m’avait fait découvrir le jeu. C’est le jeu qui m’avait fait réclamer à corps et à cris une Master System II afin de pouvoir jouer à l’adaptation console. Comme les curieux pourront le lire sur mon petit papier sur Altered Beast, c’est finalement la Megadrive que le Père Noël m’avait apportée, loué soit Son nom !

Vous vous en doutez, il va y avoir du flash-back dans ce billet, et peut-être même du flash-back dans le flash-back. Allons-y.

Moonwalker c’est avant tout un film, un film avec Michael Jackson et un scénario venu de l’espace ! Découpé en plusieurs segments incluant une bio de l’artiste appuyée par moult vidéos, un passage délirant à base de lapin en pâte à modeler qui fuit les fans hystériques à moto, et enfin une histoire avec un Michael Jackson angélique bien décidé à protéger les petits enfants des dangers de la drogue mais pas sans exécuter sa version de The Band Wagon pour la plus grande joie du petit révérend que j’étais alors :

J’ai vu le film au cinéma à sa sortie, et, avec tout l’esprit critique qui me caractérisait à l’époque j’avais bien compris que c’était génial.

Mais quand on a 9 ans en 1988, il existe quelque chose d’encore plus cool que Michael Jackson : LES JEUX VIDEO !

L’arcade, le graal à dix balles
Autour de 88 les seules célébrités qui voyaient leur nom et leur image associée à un jeu c’étaient les sportifs, et moi, le sport en 88 comme maintenant, c’est pas vraiment mon truc.
Et c’est un ou deux ans après la sortie du film, pendant les grandes vacances, en furetant dans une salle d’arcade, que s’est produite l’épiphanie : Michael Jackson’s Moonwalker existe en jeu d’arcade !
Pleurnichant pour quelques malheureuses pièce de 10 francs, j’ai pu tester la chose et laissez-moi vous dire qu’il y a eu de l’émotion. En réalité j’ai d’abord regardé un « grand » qui jouait, la musique était à fond et il se dandinait irrépressiblement au rythme des chansons parfaitement reconnaissables dans leur version chiptune. Et il y avait ces digits ! Michael était dans la borne…son singe aussi !
Le jeu n’a rien de fantastique de nos jours, c’est un beat them all en 3D isométrique relativement classique si ce n’est que notre pacifique Michael ne se bat pas avec ses pieds ou ses poings mais préfère balancer de la poussière de fée qu’il peut concentrer en rayon magique pour dégommer gangsters, robots, zombies et autres hommes de main énervés, en cas de pulsion violente, il peut également balancer sauvagement son chapeau sur ses adversaires. En guise de coup spécial, sa smart bomb à lui, Michael peut invoquer le pouvoir irrésistible de la danse, un projecteur venu de nulle-part l’éclaire alors, et il entraîne tout le bestiaire apparent à l’écran dans une chorégraphie aussi communicative que mortelle ! C’est ça plus que tout qui avait scotché le petit garçon que j’étais et qui fait sans doute que je m’en souviens encore aujourd’hui.

Les niveaux étaient bien-sûrs accompagnés par la musique, Smooth Criminal bien-sûr, Beat It, Billie Jean, Bad, et pour le niveau du cimetière peuplé de zombies, l’inévitable…….Another Part of Me ! Et non, pas de Thriller, question de droits. Le jeu est très bien emballé, de nombreuses et dynamiques cutscenes ponctuent l’action, la musique et les effets sonores donc, ainsi que la possibilité de jouer jusqu’à 3 sur la même borne, il y a de quoi attirer le joueur.

Et pourtant tout n’est pas rose, les apparitions de Mr Big (le gros méchant interprété par Joe Pesci (oui Pesci peut-être Big) et son rire ridicule cassent un peu l’ambiance, c’est mal dosé et un pauvre petit joueur armé de deux ou trois pièces ne risquait sans doute pas d’arriver au bout du jeu. Pourtant, j’avais alors développé une sorte de syndrome de Stockholm avec les jeux-vidéo, je pensais qu’ils étais tous bons, et que, si je n’arrivais pas à y jouer, c’est que j’étais mauvais, c’est tout : merci le CPC !

Cache-cache party sur Mega Drive

Quelque temps plus tard, je n’avais pas oublié cette expérience, je suis même retombé sur la borne pendant d’autres vacances. Et surtout, peu avant Noël, je suis tombé sur le catalogue Toys R Us où étaient présentées les différentes consoles ainsi qu’une poignée de jeux les accompagnant. C’était clair dans ma tête, il me fallait Moonwalker sur Master System II.

Passons l’histoire que j’ai déjà évoquée, c’est sur Mega Drive que j’ai découvert le jeu finalement.
Et je n’ai pas été déçu.

Pour commencer c’était pourtant assez déroutant. Au lieu d’avoir droit à un beat them all en 3D iso, on se retrouvait avec une version vue de côté très shinobiesque avec possibilité d’évoluer dans les étages des différents niveaux, mais surtout, la quête des petits enfants devenait centrale. Ici pas question d’aller casser la gueule à tout le monde à coups de poussière magique et de pas de danse, il va falloir avant tout rechercher toutes les petites filles cachées derrière des portes, des fenêtre, dans des coffres de voitures (!) et même des tombes (!!).

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Première bonne impression, la musique n’a rien à envier à l’arcade, au contraire, le son gagne en chaleur et quand j’y jouais le soir (parfois jusqu’à 23 heures-minuit !) je remerciais le port casque de la console dans sa première version. On retrouve les même morceaux que sur arcade, avec, encore, déception, Another Part of Me dans le niveau du cimetière.

L’animation était pour l’époque tout à fait honnête, le jeu est sorti en début de vie de la console, période classique et il fait honneur à ses possibilités. Les stages sont de plus en plus alambiqués et les enfants sont de plus en plus difficiles à débusquer pour le pauvre Michael qui doit se farcir des vagues d’adversaires de plus en plus coriaces. Le jeu n’est pas très dur cependant, et avec de l’acharnement j’avais fini par en voir la fin sans trop de mal. Et quelle surprise que cette dernière séquence façon shoot ’em up à la sauce Space Harrier !

Le gros défaut de ce jeu, et si à l’époque je passais largement outre en raison de tout l’enrobage fun qui l’accompagnait, c’est sa répétitivité, hormis cette dernière séquence délirante où le chanteur devient un vaisseau spatial (mais ils n’inventent rien, c’est dans le film), arrivé à la moitié du jeu on ressent une certaine lassitude à toujours ouvrir des portes, des cavernes, etc, en espérant tomber sur la petite blonde avec son nounours et non pas sur une bombe ou un adversaire caché. Néanmoins, on peut s’amuser dans chaque niveau à partir du 2-1 à essayer de choper le bon enfant en premier, celui qui fait tomber une étoile du ciel permettant de SE TRANSFORMER EN ROBOT QUI TUE TOUT AVEC DES LASERS ET DES BOMBES ET QUI VOLE ! Hélas, le robot Michael ne peut rien faire d’autre que déambuler avec un air morne en semant la mort et la destruction, impossible sous cette forme de sauver la moindre petite fille, dommage. Je me souviens par contre que la séquence de transformation faisait très peur à mon petit frère qui allait se planquer dans un coin en attendant que ça finisse.

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Comme beaucoup de jeux de cette époque, vous l’aurez compris à la lecture de cette tartine, Moonwalker bénéficie à mes yeux d’un immense facteur nostalgie, dans sa version arcade dont je n’ai gardé que les bons souvenirs, comme dans sa version MD qui a marqué les premiers temps de ma vie de joueur assidu. Les deux versions n’ont que peu de choses en commun, si ce n’est un background complètement improbable farci, à la musique, aux singes, à ladroguecestmal et à la magie.

Retrouver l’article original  paru sur SensCritique avec un bonus à la clé !

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