Au fond à gauche – SEGA Toylets

Après le Taulier qui nous a régalés d’un papier titanesque sur la Dreamcast, après Régis Monterrin himself qui nous a livré un article passionnant sur la trop méconnue Nomad, je me sens un peu forcé de me mettre au niveau car si vous voulez mon avis, un léger parfum de siège éjectable commence à flotter dans l’air, un peu comme un mauvais désodorisant chimique, et la pression se fait de plus en plus importante. Comme on dit dans un certain parc d’attractions, « Oyez aventuriers, n’ayez pas peur de vous mouiller ! ».

Aussi, voilà une transition toute trouvée pour vous parler d’un objet encore plus mal connu et qui pourtant mériterait sa place au panthéon des innovations les plus folles de Sega qui pourtant n’en est pas à son coup d’essai en la matière, j’ai nommé : les Sega Toylets !

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Vous êtes-vous déjà profondément ennuyé en contemplant la faïence plus ou moins nette, droit devant vous, pendant que vous vous soulagiez d’une envie pressante dans un urinoir ? Vous êtes-vous déjà dit que quand même, certains visent vraiment très mal et que c’est une honte ? Vous vous-êtes déjà demandé combien de canettes de 25 cl vous pouviez remplir en une seule évacuation ? Non ? Sega a pourtant une réponse à ces trois questions majeures du monde moderne.

L’objet est d’une inventivité incroyable et a de quoi révolutionner la pause pipi de façon irréversible. Il s’agit tout simplement d’un système de capteur, placé directement dans l’urinoir, couplé à un petit écran positionné au niveau des yeux. Lorsque le joueur prend place, il n’a pas besoin de manette ni de joystick pour se défouler au sein de quatre jeux originaux, il n’a à se fier qu’à ses propres capacités et doit autant son score à dame nature qu’au nombre de cafés qu’il a avalé un peu plus tôt dans la journée.

Je n’ai pas eu la chance de tester ces jeux, mais voici tout de même de quoi il retourne sur le papier.

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Le premier jeu, Manneken Pis s’est trouvé une mascotte évidente en la figure du vaillant petit Belge. Il nous propose de mesurer la puissance de notre jet ainsi que son volume, en nous précisant combien de canettes représenterait notre production. A mesure de notre effort, le petit bonhomme rougit et manifeste sa concentration tandis que, avec un visuel inspiré d’Hokusai et de sa grande vague, les éléments se déchaînent devant le Mont Fuji.

Graffiti Eraser joue avec l’instinct le plus primitif de l’homme. Il lui faut en effet utiliser la puissance de son expulsion pour détacher la peinture d’un tag. Simple comme écrire son prénom dans la neige (surtout quand on s’appelle Luc ou Marc, si on a été baptisé Maximillien ou Pierre-Auguste-Théophile c’est une autre histoire) mais diablement efficace. Le jeu reprend en fait le principe de ces mouches factices, soit de simples stickers, collés dans certains urinoirs japonais à l’époque pour s’assurer de la visée correcte des utilisateurs.

Troisième jeu, Le Vent du Nord, le Soleil et Moi bénéficie d’un background plus développé. Ici, on assiste à un flash météo proposé par une jolie présentatrice. Le joueur contrôle ici la météo elle-même qui peut, selon sa performance, aller d’une brise capricieuse à un réel typhon soulevant plus ou moins la robe légère de la malheureuse présentatrice et révélant ainsi une partie plus ou moins importante de sa plastique. Subtil !

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Quant à mon petit préféré, il s’agit du fantastique Battle ! Milk From Nose ! (Bataille du lait qui sort du nez en Français mais c’est moins classe). Ici oubliez tout vos Street Fighter, Virtua Fighter ou Eternal Champions, le vrai combat est là ! Deux adversaires s’affrontent à coups de jets de lait qu’ils font sortir de leurs nez après en avoir absorbé de grandes quantités (ne me demandez pas comment ils ont pensé à ça dans les bureaux). Le joueur est représenté par un combattant un peu loubard sur les bords dans un ring de sumo et il doit se débarrasser de son rival avec, une nouvelle fois, la puissance et la quantité de son effort liquide. Le plus fort c’est que le rival en question est basé sur les résultats du joueur précédent ! Le vainqueur aura la joie de voir son adversaire expulsé du ring avec violence. Dommage qu’il n’existe pas de réel mode multi, ce qui aurait promis des affrontements acharnés après la pause repas au bureau.

A ce moment de la lecture, vous vous dites sûrement : « mais tais-toi Révérend de malheur, donne-nous plutôt la méthode pour obtenir ce superbe objet, je veux absolument jouer au Vent du Nord espèce de… » Ce à quoi je répondrai, outre un regard sévère en raison de vos propos légèrement insultants « rien de plus simple ! ».

Ou presque.

Pour bénéficier de cet accessoire indispensable il vous faudra, si vous êtes au Japon et en plus de l’achat d’un urinoir fonctionnel non fourni, débourser la modique somme de 140.000 Yens, soit à peu près 1100 euros ! Ajoutez à cela 10.000 Yens par jeu (80€) sur support USB et vous pourrez exprimer votre joie d’une façon inédite et épater vos amis même à la maison car oui, depuis peu, ces jeux sont accessibles aux particuliers et non plus réservés aux salles d’arcade !

Cependant, un bémol, et de taille, il n’existe pas encore de version féminine de ces jeux qui resteront donc inaccessibles à plus de la moitié de la population.

 Dans la neige

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