Motorsport Manager – PC | Critique

Depuis quelques années, SEGA en tant qu’éditeur a pris une direction particulièrement orientée PC et Stratégie comme on a pu le voir avec Total War, Dawn of War ou encore Football Manager. Motorsport Manager fait partie de cette diversification à des années lumière de l’arcade, et on peut dire que de ce côté SEGA a du nez ! Initialement, jeu mobile à succès, il fut primé de plus de 1.6 millions de téléchargements sur iOS et Android avant d’être accompagnés par SEGA pour en faire une version beaucoup dense, complète et diablement immersive. Développé par Playsport Games, studio britannique établi à Guildford depuis janvier 2015, Christian West et sa bande de 14 développeurs sont de très gros fans de course automobile, certains ayant fait leurs preuves chez Criterion ou Codemasters, cela se ressentant fortement dans le jeu. Ce jeu a été testé dans une version commerciale obtenue auprès de l’éditeur.

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Motorsport Manager est au sport automobile ce que Football Manager peut être au ballon rond. C’est devant le manque de ce genre de simulations que l’équipe de Playsport Games s’est lancée à la conquête de ce vide. Trois modes de jeu sont au programme : les défis (pour le moment deux disponibles par exemple faire toute une carrière dans la même écurie), course rapide pour tester des réglages particuliers et le mode le plus intéressant et complet : carrière. Votre objectif est tout simplement de diriger une écurie de voitures de course où vous devrez assumer tous les choix tant sportifs (préparation des bolides, préférence d’un pilote à un autre, développer son potentiel, définir les stratégies d’arrêt au stand…) qu’extra-sportifs (recrutement de pilotes ou mécaniciens, sponsoring, recherche et développement…).

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Moi qui ne suis pas un inconditionnel de sport mécanique (contrairement à Gothic par exemple), j’ai été assez subjugué par les efforts fournis par Playsport Games pour le rendre attractif et assez accessible à tous tout en restant exhaustif. On se retrouve très vite happé par l’ambiance et le syndrome « encore une dernière course » tant l’organisation de ce mode a été bien pensé. Des menus particulièrement soignés où on peut trouver le calendrier, les messages reçus (comme chez Football Manager), le pseudo réseau social apparenté à celui du petit oiseau bleu où les fans et autres pilotes commentent les performances du weekend, puis tout ce qui concerne l’écurie (finances, construction de bâtiments…), les voitures (pièces, réglages…). On voit véritablement le passé de jeu mobile de Motorsport Manager avec l’attente pendant l’évolution des constructions, ici en jours in game et non réels. Chaque modification tant sur le plan des infrastructures que sur les pièces de voiture, aura un impact direct sur les bolides, le moral des troupes ou encore sur l’environnement économique de l’écurie. De temps à autre, des journalistes viendront vous interviewer et recevrez certaines sollicitations extérieures qui pourront, eux aussi, avoir des impacts positif ou négatif sur votre réputation, celle de l’équipe et sur l’envie des pilotes.

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Trois championnats sont sélectionnables en carrière avec leurs propres règles et circuits (inspirés des circuits réels) allant du petit championnat européen au plus prestigieux championnat du monde. A l’instar d’Eastside Hockey Manager, testé ici même l’an dernier, aucune licence officielle n’est présente (budget oblige !) mais on peut aisément s’identifier aux Ferrari, Mercedes ou autres Force India… Pour ce qui est de la course en elle même, le Flavio Briatore qui sommeillait en vous va pouvoir pleinement s’exprimer. De nombreux paramètres sont à prendre en compte comme la météo, les réglages des deux véhicules (à adapter en fonction du tracé des circuits), le choix des pilotes parmi ceux présents dans l’équipe, les pneumatiques à utiliser, l’essence injectée dans le réservoir ou encore l’agressivité que l’on souhaite que les pilotes mettent dans la course. Des « bonus » peuvent également faciliter votre course, qu’il vous faudra récupérer lors de séances d’essais libres permettant d’effectuer tous les repérages possibles de la piste. Enfin, tous les obstacles que l’on peut retrouver dans une vraie course automobile sont fidèlement retranscrits : crevaisons, problèmes mécaniques (réparables aux stands ou non), accidents, safety car… il n’y a vraiment pas de quoi s’ennuyer pendant la course !

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Sur le plan technique, j’ai été agréablement surpris : menus particulièrement chiadés, mise en scène des voitures, courses et des bâtiments de l’écurie plutôt intéressante, on se retrouve plongés dans une ambiance proche de ce que l’on peut retrouver dans les simulations de F1. La course est représentée, non plus en vue de dessus comme c’est le cas sur mobile, mais en 3D isométrique avec une caméra libre de tout mouvement, à savoir qu’il est possible de changer de vue pendant la course mais également de pilote. Ce qui donne un petit air de retransmission TV genre Canal Sat de la grande époque des weekends de Formule 1. Même s’il manque tout de même une vue cockpit qui aurait été très appréciable mais les ressources nécessaires et la machine demandée auraient été bien plus gourmandes également. En effet, le jeu ne demande pas de configuration phénoménale pour tourner correctement et c’est vraiment très encourageant pour permettre à un maximum de monde de tester, notamment pour les personnes n’ayant qu’un PC portable avec souvent des cartes graphiques moins puissantes, puisque ce style de jeu se prête parfaitement à ce genre d’ordinateur.

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Au niveau du jeu en lui même, comme bon nombre de jeux de gestion / stratégie, la durée de vie peut être assez importante, pour ma part sur la carrière j’en suis à un bonne vingtaine d’heures, on peut commencer à noter une certaine répétitivité dans les différentes étapes à accomplir bien que recommencer de zéro avec une écurie plus faible peut être un gros challenge. Par railleurs, le mode défi peut être une excellente alternative, vu qu’a priori les développeurs ont indiqué qu’ils allaient enrichir cette section au fur et à mesure… D’ailleurs, on peut noter aussi que le jeu sera, dans un futur assez proche compatible, SteamWorks donc on peut s’attendre à voir apparaître quelques mods de la part de la communauté, voire même de base de données s’inspirant des véritables championnats comme c’est le cas sur EastSide Hockey Manager par exemple.

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Vous l’aurez évidemment compris, j’ai été particulièrement conquis par ce titre alors que je ne suis pas ce que l’on appelle un die hard fan de F1… L’équipe de Playsport a fait un travail colossal depuis sa version mobile et on peut dire que le défi est réussi. Depuis que SEGA s’est lancé dans le monde du PC, l’entreprise au hérisson bleu plus connue pour son savoir faire en matière d’arcade, a su s’entourer de partenaires ayant des projets solides et cohérents (Dawn of War, Football Manager…) et ça fait énormément plaisir ! Ce coup d’essai Motorsport Manager est un véritable coup de maître qui ne demande qu’à être peaufiné dans les prochaines éditions avec notamment encore plus de choses à gérer et si on veut rêver… des licences officielles 😉

4 comments

    1. Moi c’est tout l’inverse. Il y a des jeux qui te fond perdre toute notion du temps, celui là en fais sans doute partie.
      Manji m’a donné grave envie de ce jeu. Seul problème mon PC date de la préhistoire.

    1. Super article l’ami !
      Inconditionnel je ne sais pas, amateur en tout cas c’est certain. Pour le reste, pour quelqu’un qui n’est pas un aficionado, t’as un sacré coup de clavier et la trajectoire de ton billet est limpide ! <3

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