Sonic : Join the Forces | Critique

Hé vous ! Oui, vous. Dites-moi, vous n’avez jamais remarqué que Sonic n’avait pas de thème ? On pourrait trouver celui de son moustachu rival mais pas celui de Sonic. Oh il y a bien du « toot toot Sonic boom » à un moment mais c’est tout !
Ce constat posé, venons-en au sujet du jour, Sonic Forces, que j’ai testé dans sa version XBOX One avec l’appui de notre taulier en chef. Paru au début de ce beau mois de novembre  où le froid commence à se faire sentir, un nouveau Sonic devrait être un événement en soi, pourtant il semble avoir été accueilli plutôt timidement. N’en voulons à personne, si vous vous souvenez du manque d’enthousiasme qui était celui de notre team face au pourtant formidable Sonic Mania vous pourrez nous faire remarquer que la méfiance est toujours de mise quand se pointe le hérisson le plus rapide de l’ouest.

Que donne ce dernier né de la Sonic Team ?

Sonic prend le temps pour une fois d’admirer le panorama de Green Hill Zone.

Sonic Forces est donc la deuxième vague de l’assaut de Sega pour les 25 ans de sa mascotte après le retentissant succès d’un Sonic Mania inespéré. Cette fois ci, l’heure n’est plus à la nostalgie puisque c’est un Sonic tout neuf, tout beau avec une nouvelle histoire qui nous est livré. Et quelle histoire ! Eggman a gagné. Aidé par son nouvel ami Infinite (un fennec avec un masque ?) il a mis la main sur le Rubis Fantôme et le monde lui appartient, construire un mur entre le Mexique et Green Hill Zone risque fort d’être la prochaine étape. Sonic a été vaincu et ses amis vont devoir s’unir pour le venger et libérer le monde de l’oppression du tyrannique Docteur au crâne lisse ! Bon, en réalité Sonic n’est pas vaincu, après qu’on ait vaguement fait semblant de croire quelques secondes à sa mort, il revient bien déterminé à casser des oeufs, entouré de ses shitty friends amis de toujours au sein d’une histoire vraiment naïve. (Mention spéciale à Infinite, comment un méchant qui maîtrise la réalité grâce à un rubis peut être terrifiant quand il a le physique d’un fennec clône de Sonic qui serait la mascotte d’un club de tuning ?) Ce postulat est tout de même un bon prétexte pour nous offrir un jeu à plusieurs facettes. Sonic mène la rébellion et nous allons donc incarner, en plus du héros, une nouvelle recrue (appelée ainsi tout au long du jeu), soit notre avatar qu’on aura soin de personnaliser à mesure qu’on avance dans les niveaux. Joie, nous contrôlerons aussi notre bon vieux Sonic vintage, déboulant tout droit de Sonic Mania auquel ce jeu est indirectement lié (mais si, souvenez-vous de cet effet spécial avec le rubis !). Trois héros donc, et trois styles de jeu différents.
Vite fait.

L’attaque du Death Egg c’est la classe

Le monde du jeu se présente sous la forme d’une carte où apparaissent les missions les unes après les autres sans vraie liberté. Selon la mission vous jouerez Sonic, le Sonic vintage ou votre avatar. On aurait aimé pouvoir rejouer les missions avec tel ou tel personnage pour explorer le niveau d’une nouvelle façon, mais non, pas le choix, c’est comme ça !

Retour à Chemical Plant, mais sans la musique mythique

Lorsque vous contrôlez Sonic, la vitesse est le maître mot, vous allez courir comme un dératé, glisser sur des rails et dégommer des robots à toute allure. Les Wisps encapsulés vous attendent tout au long du trajet pour remplir votre jauge de turbo pour encore plus de speed. C’est plutôt bien rendu et on se laisse griser, sauf qu’en réalité, si on n’a pas envie de subtilité, on peut tout à fait se borner à enclencher le turbo coup sur coup pour traverser le niveau sans trop rien faire à part maintenir la direction avec la manette. Exactement le reproche caricatural qu’on fait parfois à la franchise : « bah Sonic c’est facile, faut appuyer sur droite et c’est tout ». Les ennemis ne seront jamais un problème, ceux-ci se contentent généralement d’attendre en rang bien sagement, il ne reste plus qu’à leur sauter dessus sans la moindre difficulté grâce à un système de lock, le fameux homing. Et c’est à ce moment qu’un premier détail m’a chiffonné. Soit, les combats sont si faciles qu’ils sont purement anecdotiques, mais cependant ils viennent constamment briser le rythme de votre course. Si vous ne déglinguez pas tous ces robots en mode turbo, il va falloir utiliser le homing, ce qui fait ressembler le jeu à un jeu de rythme d’ailleurs, mais si vous arrivez à cours d’ennemis, votre Sonic va s’arrêter. Pouf. Comme ça. C’est très agaçant d’être ainsi coupé dans son élan. A côté de ça l’attaque glissée permet un peu plus de fluidité, mais, stimulé par la petite cible verte qui s’affiche sur les adversaires, on aura tendance à se contenter de cette attaque de base.

Craignez la fureur du lapin tout nu au lance-flammes !

Lors des parties avec la Recrue, c’est à peu près pareil. On a un level design un tout petit peu moins tourné vers la course même si ça reste toujours plutôt speed. Cette fois on n’est plus démuni car notre avatar est armé du fameux Wispon, arme customisable avec de multiples variantes : lance-flamme, fouet électrique, machin qui fait des cubes… L’idée est bonne, mais si vous êtes comme moi, vous n’allez pas explorer la chose à fond et vous finirez par utiliser le fouet quoi qu’il arrive, car c’est de loin ce qui fonctionne le mieux, d’autant qu’encore une fois, les ennemis vous attendent gentiment bien groupés. L’arme est efficace, certes, mais à force d’alterner les missions avec Sonic, on ne prend pas forcément l’habitude de l’utiliser, et, nargué par les cibles vertes du homing, on finit toujours par se contenter de sauter sur les robots. Dommage que le jeu n’exploite pas plus les possibilités de ce Wispon qui devient rapidement très anecdotique.

Egg Dragoon un boss pour le Sonic retro

Parfois, on aura droit à des niveaux combinant Sonic et la Recrue, la mission sera d’un type mixant les deux façons de jouer, en général ça finit par un Double Turbo unissant les deux personnages dans une course héroïque.
Bien évidemment, la partie customisation de l’avatar est très amusante, chacun pourra choisir entre différents animaux ayant chacun leurs points forts (pas non plus très exploités) et surtout on redoublera d’inventivité pour créer la recrue la plus drôle possible (admirez mon chat rose à écailles et moustaches dans sa superbe robe).

En terrain familier

Et enfin, il y a notre bon vieux Sonic, le vieux, le vintage avec son petit bidon.
Lors des phases de jeu avec lui, on aura droit à de la 2,5D selon l’expression consacrée, avec des niveaux évoquant les plus belles heures de la mascotte de Sega. Même Chemical Plant ! Plusieurs fois. C’est réjouissant sur le papier, surtout si on a été comme moi ravi par Sonic Mania, mais plusieurs problèmes refroidissent le plus chaud bouillant des nostalgiques. Les niveaux sont extrêmement courts alors qu’on aurait aimé s’attarder un peu sur les lieux emblématiques, les ennemis sont ENCORE en rangs d’oignons même si cette fois on n’a plus le système de homing pour coller à l’ancien gameplay, mais surtout, la physique est vraiment étrange. Si on a l’habitude de jouer à Sonic et donc à doser ses sauts lors des phases de plate-forme pures et dures, ici on se retrouvera très souvent à tomber comme une andouille dans un gouffre car, au lieu de doser son saut, on aura carrément changé de direction en cours de route, c’est terriblement imprécis ! Argh ! Je râle, je râle c’est vrai, mais c’est justement parce-que le sentiment que quelque chose de grand était possible ne me quitte pas une seconde quand je prends la manette.

Il n’est pas mignon mon petit lapin ?

Il y a quand même du bon, je ne vais pas faire que râler. Le jeu est plutôt beau, même si les environnements ne sont pas très variés, ils sont tous très bien rendus. L’impression de vitesse est bien présente et, comme je l’ai dit un peu plus haut particulièrement grisante. L’OST est également très agréable, bon, il faut aimer ce genre d’electro-pop à la japonaise mais ça colle tout à fait à l’image qu’on se fait de Sonic, surtout si on a comme moi adoré Sonic CD. Mention particulière aux niveaux du Sonic vintage qui comportent des compositions originales mais terriblement teintées des sonorités retro, un détail particulièrement soigné. C’est loin de faire le compte mais c’est déjà ça.

La classique Green Hill Zone, et Tails ne se tait jamais

Donc, nous avons là un jeu bancal, aux ambitions sapées par trop d’imprécisions et à la facilité déconcertante. Certains boss vous donneront du fil à retordre, oui, mais ils sont tous bien moins redoutables que le vide qui vous tuera plus souvent que leurs attaques (et il s’affichera alors un « Raté » très énervant). Pas de vie, pas de vrai challenge non plus puisqu’on peut tout traverser à toute allure sans trop de dégâts. On accumule les anneaux sans compter et au bout de quelques heures on a tout fait. Restent quelques défis permettant de glaner quelques éléments pour embellir son avatar, mais rien qui ne vous fera passer des jours et des jours sur cette nouvelle aventure. Sans doute un jeu à réserver aux plus jeunes, pas atroce, loin de là, mais loin aussi de la célébration mémorable qu’il aurait dû être pour les 25 ans de notre hérisson préféré.

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Testé à partir d’une version commerciale délivrée par l’éditeur.

4 comments

  1. Aie Aie ce jeu … Moi je dirais que heureusement il n’y a pas de gestion des vies , car devoir farmer les niveaux faciles pour en récupérer comme je le faisais dans Unleashed m’aurait donné des crises de nerfs, au moins tomber dans le vide de manière injuste me laissait de marbre ici…
    Ce jeu est agaçant dans tellement de points comme la physique , le level design , que ça n’en fait un jeu tout juste moyen alors qu’il aurait pu être sympa. J’ai bien aimé ce Infinite lol , sa puissance magique allié au coté guignolesque de Eggman rendait les méchants plus intéressant à suivre que la bande de poilus osef d’en face.

    1. Eh oui, on est vraiment pas aussi gâtés que les fans du moustachu d’en face, mais on a appris à faire avec.
      J’adore Eggman, c’est sans doute mon méchant de jeux vidéo préféré, mais cet Infinite qui fait des phrases du genre « je vais t’apprendre la douleeeeuuur », euh, mec, t’es un fennec !

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